La Prière : Psaume 122: Jérusalem - Claude Bédat

1   Cantique des montées : De David. Quelle joie quand on m'a dit :Allons à la maison du Seigneur !

2  Enfin nos pieds s'arrêtent dans tes portes, Jérusalem !

3  Jérusalem, bâtie comme une ville Où tout ensemble fait corps ;

4  là où montent les tribus, les tribus du Seigneur, est pour Israël une raison de rendre grâce au nom du Seigneur.

5  Car ils sont là, les sièges du jugement, les sièges de la maison de David.

6  Appelez la paix sur Jérusalem : que soient paisibles ceux qui t'aiment !

7  Advienne la paix dans tes murs,  que soient paisibles tes palais !

8  Pour l'amour de mes frères, de mes amis, laisse-moi dire : paix sur  toi !

9  Pour l'amour de la maison du Seigneur notre Dieu, je prie pour ton bonheur.

Ce psaume porte le titre « Cantique des montées » qui est le titre d'un groupe de psaumes (du 121 au 135) appelés aussi « Cantiques du pèlerinage ». C'est le premier des quinze psaumes attribués à David, le fondateur de la cité de Jérusalem, où s'élève le trône de justice, le trône de David (verset 5).

Le plan du psaume

Le texte est inscrit entre deux mentions de la « maison du Seigneur », aux versets 1 et 9, et on ne parle plus du Temple entre ces deux versets, ce qui montre que Jérusalem est vue d'abord comme le lieu du Temple. Le mot de Jérusalem apparaît trois fois, aux versets 2, 3 et 6 ; Le mot Jérusalem désignait la cité de la paix, du SHALOM, et le mot paix revient quatre fois, aux versets 6, 7 et 8. Le plan du psaume est fortement marqué par la structure d'un pèlerinage. Il fait d'abord l'objet d'une décision : « Quelle joie quand on m'a dit : allons à la maison du Seigneur » (verset 1). Puis on passe aussitôt à l'arrivée : « Enfin nos pieds s'arrêtent dans tes portes, Jérusalem » (verset 2) Les versets 4 et 5 permettent au pèlerin de contempler la ville et de saisir son importance sur le plan administratif et politique, ce qui complète le sens du pèlerinage, car Jérusalem est le but du pèlerinage, lieu de culte et de louange de Dieu. Le dernier paragraphe (versets 6 à 9) reprend les louanges de Jérusalem sous forme d'un dialogue entre le chef du pèlerinage et le groupe des pèlerins.

Quels enseignements pour nous ?

Retenons les grands symboles du chemin de l'homme sur la terre. Le pèlerinage est mentionné dans sa prise de décision : c'est le grand symbole du chemin de l'homme, c'est-à-dire que si la vie humaine est un pèlerinage, ce n'est pas un voyage qui n'a pas de but. C'est en fait un cheminement vers un terme, Jérusalem, qui est le but du chemin. C'est un lieu de rencontre avec Dieu, où il est loué, où règne un ordre car là se trouve le siège du droit et de la justice ; c'est dans la ville que l'humanité espère vivre l'idéal de la paix et de la sécurité (verset 7)

2)  Jésus a vécu la joie du voyage à Jérusalem (Luc 2,40 à 51) lors des séjours qu'il y fit avec ses parents : celui auquel il participa lorsqu'il avait douze ans est relaté dans Luc, 2,40-51 , où on lit que Jésus « écoutait et questionnait » les docteurs du Temple. Quelques temps avant sa mort, Jésus pleura sur Jérusalem en lui disant : « si tu connaissais toi aussi, en ce jour, ce qui te donnerait la paix. Mais maintenant c'est caché à tes yeux » (Luc 19, 41 à 44).  Jésus a donc connu Jérusalem dans la joie puis dans la souffrance, comme pour montrer que la route du pèlerin serait marquée par la joie et la peine.

3)  La lecture chrétienne de ce psaume se transforme en lecture ecclésiale : l'Eglise n'est pas le but, elle est, nous sommes un peuple en marche vers cette ville, mais le chrétien sait que son espérance est dans la Jérusalem céleste, telle que l'a évoquée Saint Jean dans l'Apocalypse, chapitre 21 : « Je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem. J'entendis du trône une forte voix qui disait : voici le tabernacle de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux, ils seront son peuple ».

4)  Ce psaume permettra à ceux qui ont fait le pèlerinage à Jérusalem de rappeler leurs souvenirs et à ceux qui sont en attente de le réaliser, de le vivre par avance dans la prière.

5)  Jérusalem fait parler d'elle, à notre époque en raison des drames qui secouent en permanence les deux grandes communautés vivant sur son sol : les Juifs et les Palestiniens.

Conclusions

En 1995, s'est tenue à Assise, sur l'insistance du pape Jean-Paul II, la « prière des religions pour la paix ». C'était un geste plein de symboles pour créer une atmosphère de dialogue : a-t- il été suivi d'effets ? Jérusalem reste, de toute façon, un facteur de communion et de rencontre avec les réalités locales, juives, musulmanes et chrétiennes.

Claude Bédat