Les gilets jaunes et l'Offrande lyrique de Claude Bédat

La France, notre beau pays, est en train de traverser une grave crise, initiée par les Gilets jaunes qui ont tant de revendications -certaines sont très justifiées- que le Gouvernement donne l'impression qu'il ne sait pas comment s'y prendre pour mettre un terme à cette crise, qui se transforme peu à peu en une crise économique puis constitutionnelle. Le Président de la République, les Ministres, ont-ils reçu une formation politique suffisante ? Peuvent-t-ils compter sur l'ascendant politique et l'appui de parlementaires plus expérimentés ? Qui peut répondre à ces questions ? Qui mettra fin aux violences et aux incendies qui éclatent pendant ces manifestations ?

            Nous ne pouvons répondre à ces questions, mais nous vous proposons de lire un poème de l'indien Robindranath Tagore (1861-1941) qui a tenu une place importante dans la vie politique de son pays ; dès 1904 il se prononça en faveur de l'indépendance de l'Inde, en 1905 il s'est élevé contre le démembrement de l'Inde par les Anglais, puis il abandonna toute activité politique cette même année 1905 lorsque les Anglais ont partagé le Bengale.

            Dans ce texte, Tagore souligne les faiblesses de son pays, l'Inde : la recherche historique et scientifique n'est pas libre -ses concitoyens sont habitués à n'être pas sincères -l'effort de chacun n'est pas assez soutenu pendant sa vie entière, si bien qu'on ne cherche pas la perfection- le travail de la raison est trop souvent freiné par les coutumes des classes sociales -la pensée est trop souvent séparée de l'action, ce qui permet d'opposer les intellectuels au monde scientifique et travailleur.

            Tagore termine sa prière en appelant « Paradis de la liberté » le pays rêvé où il voudrait voir s'éveiller son pays, l'Inde.

            Et nous, Français, en lisant ce texte, ne souhaitons-nous pas que notre pays recherche ce que Tagore appelle le paradis de la liberté où nous voudrions voir s'éveiller notre pays ?

 

Prière R. Tagore

Là où l'esprit est sans crainte et où la tête est haut portée ;

Là où la connaissance est libre ;

Là où le monde n'a pas été morcelé  entre d'étroites parois mitoyenne;

Là où les mots émanent des profondeurs de la sincérité ;

Là où l'effort infatigué tend les bras vers la perfection ;

Là où le clair courant de la raison ne s'est pas mortellement égaré

           dans l'aride et morne désert de la coutume ;

Là où l'esprit guidé par toi s'avance dans l'élargissement continu

         de la pensée et de l'action

Dans ce paradis de liberté, mon Père , permets que ma patrie s'éveille..

 

R. Tagore

         (N° 35 de l'offrande lyrique)

 

Claude Bédat

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