Pouvons-nous aider nos défunts ? de Claude Bédat

Dans le dernier article publié dans Ephata, « Soyons proches de nos défunts », nous avons souligné les regrets qui nous assaillent lorsque le gouffre de la mort nous permet de comprendre le silence qui s'est progressivement installé avec le mort et a empêché d'établir avec lui un lien créateur, une authentique communauté d'âme, depuis de nombreuses années peut-être. Nous n'avons pas enraciné notre intimité dans celle du défunt, nous ne sommes pas devenus autrui parce que nous sommes restés enfermés en nous-mêmes, prisonniers de notre moi égoïste.

            Les regrets que nous éprouvons risquent d'être très négatifs et de nous conduire au désespoir, mais peut-être pouvons-nous les envisager d'une autre façon et pouvons-nous aider nos défunts à grandir, car nous pouvons prier pour eux, avec eux. Rappelons la phrase de Saint Irénée : « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu » ; Saint Irénée nous oblige à penser que l'homme ne sera pas ouvert à autrui ni à Dieu tant qu'il n'aura pas admis que le Ciel, c'est lui.

            Le Royaume de Dieu dont Jésus a parlé à ses disciples lors de la Cène en disant : « Je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés » (Jean, 13,34) : or, il a fallu l'intervention du Saint Esprit pour faire  comprendre aux disciples que la divinité était en eux (Actes des Apôtres, 2,1 et suivants).

            Sachons prier avec nos défunts car l'Eucharistie, c'est l'impossibilité d'aller à Jésus autrement qu'ensemble : nous y apporterons toute l'humanité, son histoire, ses culpabilités et nous y ajouterons nos défunts, la communion n'est jamais un acte solitaire : c'est toujours une communion humaine, qui est la condition indispensable de la communion avec Dieu.

 

            Nous retrouvons les enseignements du précédent article lorsque nous disions que nous devons faire en sorte de transformer notre corps en le créant dans sa dimension humaine totale comme nous essayons de le faire avec l'esprit.

            Peut-être pouvons-nous prier avec nos défunts et les aider à comprendre nos faiblesses à leur égard ; mais ne pourrions-nous pas également prier avec eux pour les aider à cerner des problèmes qu'ils n'ont pu se poser vis à vis de la religion et de la vie spirituelle parce qu'ils ne connaissaient pas tel point de vue qui nous aide, nous, et qui les aurait aussi, eux, aidés à progresser.          

            Les défunts ne pourraient-ils pas progresser avec nous ? Ne sont-ils pas comme nous, membres du corps mystique du Christ ?

            Il me semble que, sur ce plan, notre rôle est primordial.

 

Claude Bédat

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