On ne peut avoir la foi en Dieu si on n'a pas la foi en l'homme - Claude Bédat

I - Dieu a foi en l'homme

     Rappelons d'abord les derniers mots de Jésus, ce n'est pas « aimez Dieu », mais « aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples » (Jean 13,34-35). (voirEphata N° 435).
 
      L'homme est au centre des préoccupations de Jésus ; la religion de Jésus, c'est la religion de l'homme, parce que le Royaume de Dieu est au dedans de nous ; lors du lavement des pieds, Jésus est à genoux devant ses disciples, à genoux devant Judas qui l'a trahi, à genoux devant Pierre qui va le trahir ; Jésus est à genoux parce qu'il voudrait mettre ses disciples en face d'un Dieu intérieur à eux-mêmes (voir Ephata et St Au-gustin N° 447). C'est à ce Dieu intérieur que Jésus veut conduire l'homme ; pour cela, il faut que l'homme se transforme, qu'il consente à l'Amour, qu'il se donne à Dieu comme Dieu se donne à lui. Jésus peut seul nous conduire à Dieu parce qu'Il est le Fils de l'Homme, c'est à dire l'Homme. Nous sommes tous des hommes au pluriel ; Jésus est l'Homme au singulier. En Lui, toute l'histoire recommence, trouve son unité, car il porte toute l'humanité.
Il est chez LUI à l'intérieur des autres, parce qu'il est infiniment pauvre.
Qu'est ce qui nous empêche, nous, de vivre la vie des autres ? C'est parce que nous sommes enfermés en nous-mêmes, dans nos frontières : ce qui nous touche, c'est ce qui touche ceux qui sont proches de nous ; le reste ne nous touche pas.
En Jésus, il n'y a pas de frontières, parce que son Humanité est universelle, ouverte : en Lui, nous avons la donation du Dieu éternel qui est communiquée dans une humanité qui ne possède rien, qui est l'Hostie vivante et le vivant sacrement où Dieu se communique. La divinité de Jésus Christ, c'est l'Eternelle Divinité telle qu'elle est au plus intime de notre âme ; elle est toujours là, c'est nous qui ne sommes pas là (St Augustin, Ephata N°447).
 
     Jésus n'est pas un homme entre tous les hommes. Il es l'Homme qui porte toute l'espèce. Jésus seul peut nous libérer de nos frontières et nous faire devenir vraiment CATHOLIQUES : être catholique cela veut dire n'avoir pas de frontières, ne rien posséder, devenir DON à l'égard de toute créature, comme Jésus lui-même.
    Jésus parce qu'il est intérieur à nous-mêmes, peut seul nous conduire à nous-mêmes et nous révéler le Vrai Dieu.
Nous portons tous Dieu en nous : nous sommes tous fils de Dieu et appelés à le devenir un peu plus chaque jour.
 
II -Suivre Jésus mis en Croix
 
Si nous voulons rencontrer Jésus, nous n'avons qu'une voie à suivre : s'engager jusqu'à la mort sur la Croix, pour prendre en charge l'humanité.
Comment prendre en charge toute l'humanité ?  Ce serait nous dire, sans cesse, en écoutant les informations : je suis concerné par ces gens qui se battent, tuent, ces avions qui sont abattus par les copilotes. Tout cela est à moi car je suis catholique, c'est-à-dire universel : j'en suis responsable. Et d'abord, nous sommes responsables de ceux qui sont proches de nous, les parents, les voisins, ceux qui assistent avec nous aux offices : chercher à leur sourire, car le sourire peut être une lumière, une révélation de Dieu. Il n'y a rien de plus humain que l'Evangile parce que le Royaume de Dieu est ici, maintenant ; rappelons nous la parole de Jésus :« Car voici que le royaume de Dieu est parmi vous » (Luc,17,20-21).
En Ephata N° 440 j'avais cité le commentaire d'ORIGENE (185-253) : « Le nomde Dieu ne sera parfaitement sanctifié, son règne n'arrivera parfaitement pour chacun de nous qu'au moment où viendront parfaitement en nous connaissance et sagesse, et sans doute aussi les autres vertus ».
Le Royaume de Dieu est ici, maintenant : cela veut dire que le Ciel, on n'y entre pas, il faut le DEVENIR, en développant la connaissance et la sagesse. C'est pour cela que,si nous voulons être sûrs de rencontrer le Fils de Dieu, il nous reste à devenir avec Lui des Fils de l'Homme, c'est-à-dire nous mettre au service de l'Homme en glorifiant la Vie, car quand la Vie fleurira, alors le Royaume de Dieu sera accompli ; quand nous aurons répandu la joie autour de nous, nous serons vraiment des disciples de la Bonne Nouvelle de l'Evangile.
 
Conclusion
Pour reprendre la route avec Saint Augustin, rappelons que Dieu, on peut le vivre parce qu'Il est « la vie de notre vie ». Nous pouvons faire percevoir à nos voisins, par notre enthousiasme, que Jé-sus est en nous et qu'Il est en eux, attendant qu'ils viennent à Lui. N'ayons pas peur d'affirmer à nouveau qu'on ne peut connaître Jésus, Fils de Dieu, sans se mettre d'abord au service des hommes.
 
Claude Bédat