Le mystère de la Conception de Jésus

Cet article s'inscrit dans la suite des explications fournies dans l'Agonie de Jésus sur la Croix (Ephata) à propos des niveaux de compréhension que l'on peut percevoir dans le Christ, c'est dans cet article que j'avais cité les propos du Pape Benoît XVI sur l'âme humaine et l'âme divine de Jésus.

Lors des discussions avec les athées ou les opposants aux religions, on perçoit vite qu'ils ont étudié des données précises sur les mystères du christianisme alors que nous les chrétiens sommes vite à bout d'argument. Reconnaissons qu'il est difficile d'aborder les épisodes marquants de la vie du Christ, car la Conception, la Trinité, la Mort, la Résurrection sont des Mystères que les catéchistes d'autrefois ont préféré ne pas aborder. Pourtant, nous restons persuadés que l'exposé de quelques données simples permet peut-être d'avoir des éléments de réponse lors de discussions très « chaudes » sur le problème des religions. Nous essaierons d'avancer en ce sens.

I - La naissance de l'homme

Lors de sa naissance, tout enfant oblige son entourage à poser cette question : quelle sera sa personnalité ? Pour sa mère, l'enfant restera une continuelle surprise et une sorte de mystère de moins en moins compréhensible. C'est que nous naissons selon la nature, c'est-à-dire que l'enfant est le résultat de l'union des sexes de l'homme et de la femme. Nous ne devenons que plus tard, et lentement, des personnes, car, pour nous, être une personne, c'est, en dépassant notre nature, devenir une relation vivante à Dieu. Car, dans le dialogue de lumière et d'amour qui nous identifie à Lui, nous devenons une Personne, c'est-à-dire une source, une origine, un espace : tel est le sens du mot Personne (du latin Per-sonare, retentir) qui a été entendu par les chrétiens comme une résonance de la voix de Dieu à travers la voix d'un homme.

II - La Conception de Jésus

En Jésus, l'origine de son humanité est toute différente, car en Jésus c'est la Personne qui est la première : Jésus ne naît pas de la nature et selon la nature, c'est-à-dire que sa naissance n'est pas le résultat d'une fécondation après l'union sexuelle d'un homme et d'une femme, dans ce cas particulier de Joseph et de Marie. Il naît de la virginité de Marie. Il naît par l'opération du Saint-Esprit et Il est d'abord une Personne, une Personne divine avant que la nature humaine soit formée. Et dès le premier instant où Il est conçu du Saint-Esprit dans le sein de Marie, alors que sa nature humaine n'est qu'un tout petit germe, Il est déjà une personne divine infinie.

Pour cette raison, on ne peut atteindre Jésus que par sa personnalité divine, c'est-à-dire qu'on doit chercher à rencontrer Jésus par la foi en la personne divine.

Pour nous chrétiens, il est nécessaire d'avoir des idées claires sur la Personne de Jésus qui est, à la fois, le centre et la source de la vie du chrétien, comme l'écrit souvent Saint Paul dans ses Epîtres : toute la vie du chrétien s'accomplit « dans le Christ Jésus » ; par exemple, nous lisons dans l'Epître aux Ephésiens : « Dieu, en ce dessein éternel qu'il a conçu dans le Christ Jésus Notre Seigneur, et qui nous donne d'oser nous approcher en toute confiance par le chemin de la Foi au Christ » Eph 3,11.

Le nouveau testament souligne sans cesse cette affirmation : Jésus est le Fils dans un sens unique, et Dieu est son Père dans un sens unique.

Pour répondre aux questions posées sur Jésus, il faut utiliser l'importance d'un monothéisme trinitaire affirmé par Jésus en Matthieu 28,19 : « Allez, faites disciples toutes le nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

 

Le passage du monothéisme solitaire de l'Ancien Testament au monothéisme trinitaire est fondamental pour appréhender du dedans la Personne de Jésus car le Père n'est qu'un regard vers le Fils, le Fils n'est qu'un Regard vers le Père et le Saint-Esprit n'est qu'une respiration d'Amour vers le Père et le Fils.

La révélation trinitaire, qui a été faite par le Christ, signifie que Dieu n'a prise sur soi qu'en se communiquant ; le rapport de soi à soi, qui caractérisait le Dieu de l'Ancien Testament, est maintenant compris comme pure relation à un autre : tout devient relation d'amour. En Dieu, la personnalité se révèle comme une puissance de libération de soi, et c'est sous c'est aspect d'infini dépouillement que sa transcendance nous devient le plus sensible.

Très tôt, l'Eglise a utilisé le terme de Relation pour cerner ce pluralisme intérieur à l'unicité de Dieu.

Il y a un seul Dieu, mais trois Personnes divines.

 

Conclusion

Nous n'avons suggéré que de brefs aperçus sur les Mystères présentés : il nous reste à accepter humblement de rester à la marge des Mystères que nous ne pouvons comprendre. La seule attitude qui nous convient, c'est de demander à Jésus de nous donner la Foi en sa Personne.

Claude Bédat