La Prière - Psaume 6 - Psaume du malade

Psaume 6 : Psaume du malade

 

2 Seigneur, ne me châtie pas dans ta colère,

ne me reprends pas dans ta fureur.

3 Pitié pour moi, Seigneur, je suis à bout de force,

guéris-moi, Seigneur, mes os sont bouleversés,

4 Mon âme est toute bouleversée.

Mais toi, Seigneur, jusques à quand?

5 Reviens, Seigneur, délivre mon âme,

sauve-moi, en raison de ton amour.

6 Car dans la mort, nul souvenir de toi:

dans le shéol, qui te louerait?

7 Je me suis épuisé en gémissements,

chaque nuit, je baigne ma couche;

de mes larmes j'arrose mon lit,

8 mon œil est rongé de pleurs.

Insolence chez tous mes oppresseurs;

9 loin de moi, tous les malfaisants.

Car le Seigneur entend la voix de mes sanglots;

10 le Seigneur entend ma supplication,

le Seigneur accueillera ma prière.

11 Tous mes ennemis honteux, bouleversés,

qu'ils reculent, soudain couverts de honte!

 

Signification des mots: louange et lamentation

Nous avons souligné, dans le commentaire du psaume 8 (Ephata N° 477) que deux attitudes dominaient la prière jaillie du cœur de l'homme de l'Ancien Testament:

  1.  La louange
  2.  La lamentation

Nous devons approfondir le sens de ces deux mots car ces deux attitudes alternent sans cesse comme deux moments de l'expérience que l'homme fait dans son rapport avec Dieu.

Dans la Bible, qu'est-ce que la louange? La louange n'a qu'un seul objet, c'est DIEU. La louange est donc la façon par laquelle l'homme se situe face à Dieu. Il s'agit d'une louange d'exultation, de mouvement enthousiaste du cœur, d'émerveillement devant l'oeuvre de Dieu. La louange est l'expression même de la VIE, elle est émerveillement face à l'ETRE de Dieu. Ne pas louer, c'est ne pas vivre, c'est la mort. La mort, c'est ne pas louer Dieu, parce que ne pas louer, c'est ne pas vivre.

La non-louange, c'est la non vie, le non-être, la mort.

 

Qu'est-ce que la lamentation? C'est le cri de l'homme dont la vie décline, s'évanouit, que ce soit la santé, les projets, la dignité d'homme.

L'homme crie vers le Dieu-vie dans la maladie, la solitude, la souffrance, la peur de l'avenir, de la mort. Celui qui est persécuté ou qui souffre à cause de son soutien à Jésus, ne vit pas cette situation avec enthousiasme: la peur le ronge, mais il doit agir comme Jésus, se remettre entre les mains du Père.

 

Le plan du psaume

Il s'agit, avec le psaume 6, de la prière d'un malade. On peut le diviser en trois parties: la première partie, versets 2 à 6, est une prière directe qui emploie le TU ; l'homme souffrant demande à Dieu : «guéris-moi, reviens me délivrer...sauve-moi». La deuxième partie, les verset 7 et 8, basés sur le JE : « jesuis épuisé, mes yeux sont emplis de chagrin ». La troisième partie montre un changement total, et le psalmiste crie la joie d'avoir été entendu, si bien que tous les malfaisants sont chassés.

De ce psaume on peut tirer deux enseignemts:

1 Dieu peut libérer, même une vie dégradée, sans valeur

2 Mon être est lié à mon péché : « mon œil est rongé de pleurs » (verset 8). Nous avons du mal à accepter ce 2ème enseignement car Jésus, dans l'Evangile, nie sans cesse le lien entre maladie et péché : ainsi, en Jean, chapitre 9,1 et 5, à propos del'aveugle-né : « ni lui ni ses parents n'ont péché, mais pour que la gloire de Dieu se manifeste ». Pour comprendre ce texte, peut-être faut-t-il envisager de façon large le problème du lien entre maladie et péché : l'homme malade expérimente en lui, la déchéance historique de l'homme qui est l'une des faces du péché originel. Nous devons beaucoup réfléchir à ce problème dont la solution est vraiment difficile à trouver. La fin du psaume, après le verset 9, est marquée par un appel à la confiance : « le Seigneur entend la voix de mes sanglots ». « LeSeigneur accueillera ma prière». Etant fidèle à sa prière , le psalmiste est entré dans l'espérance et il est sûr que la guérison viendra, puisqu'il est sûr que Dieu entend ses suppliques. Tout va changer pour lui, malade, parce que le Seigneur a ENTENDU sa plainte.

 

En conclusion

A la fin de cette présentation du psaume 6, nous pouvons nous poser quelques questions:

 

1-Avons-nous déjà vécu ce lien intime entrela vie et la louange de Dieu, où l'homme récu-père sa propre liberté?La louange est très supérieure au remercie-ment qui pourrait en être surtout une sorted'échange.

L'homme qui loue pareillement dans ses prières, sent qu'il est vie pour louer, pour aimer et se donner dans le geste simple de la louange. La louange est rare dans notre prière, elle nous apparaît comme quelque chose d'ajouté, de fictif. Et pourtant, elle pourrait devenir comme une respiration intérieure de tout notre être.

 

2-Quand je souffre fortement, suis-je capable d'exprimer ma souffrance dans une prière aussi confiante que celle du psaume 6 ? Nous y trouvons une leçon : pour celui qui souffre vraiment, l'espérance n'est qu'en Dieu. Sau-rions-nous manifester une telle espérance et être sûrs que Dieu ne nous abandonnera pas?

 

3-Savons-nous suivre ce parcours allant dela tristesse à l'espérance?

 

Claude Bédat