La Prière - Luc 11,14 « Le muet parla »

Faisons une pause dans l'analyse des liens entre la prière et les psaumes, pour nous pencher à nouveau sur le Notre Père, LUC chapitre 11, dont le verset 14 donne la conclusion, et une partie de son sens, à l'enseignement de Jésus sur la prière. Le chapitre 11 regroupe trois PERICOPES (c'est-à-dire: passage de l'Ecri-ture sainte): le Notre Père aux versets 1 à 4, la parabole de l'ami importun, versets 5 à 13, le muet dont le démona été chassé, PARLE, verset 14.

A–Jésus apprend à prier à ses disciples.

 

La prière naît de la prière de Jésus; si nous pouvons prier c'est parce qu'Il prie. «Seigneur apprends-nous à prier». Nombreux sont ceux qui expriment cette demande de nos jours, car ils voudraient prier et sont humiliés dene pas savoir le faire. Car des enquêtes sociologiques, aux USA comme en Europe, montrent que nombreux sont ceux qui prient car ils éprouvent un besoin de Dieu et voudraient savoir prier. Nous tous, chrétiens, avons le devoir de révéler Dieu (voir Ephata N° 442) car tous ceux qui sont en attente de Dieu risqueraient d'être tentés par les nombreuses sectes qui initient à une prière basée sur le chant et la méditation. La structure essentielle de la prière repose sur le mot PERE : elle est l'esprit filial qui est à la racine de toute prière; puis, dans un deuxième temps, la prière s'élance vers le haut: «que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne»; avant de retrouver des préoccupations qui nous concernent à cause de la faiblesse de notre nature et de nos manques de volonté.

 

B–La parabole de l'ami importun.

 

L'enseignement de cette parabole est donné par Jésus qui nous dit : «même si vous êtes fatigués, n'arrêtez pas de demander, allez de l'avant, insistez. Demandez encore, car le fait de demander est déjà une grâce, il montre que vous vous comportez comme des fils». Et l'enseignement de Jésus atteint son sommet lorsqu'il termine la parabole par ces mots : « si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l'ESPRIT SAINT à ceux qui le lui demandent». Cette certitude d'obtenir l'Esprit Saint est le DON par excellence.

 

C–La guérison d'un démoniaque muet

 

Le verset 11 de LUC 14, est une réponse à ce que disent beaucoup de nos contemporains, à savoir qu'ils ne savent pas quoi dire en s'adressant à Dieu. Nous lisons : « Jésus expulsait undémon qui était MUET. Lorsque le démon fut sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. Ce miracle opéré en faveur du muet revêt en fait une importance fondamentale; situé à la fin de l'enseignement sur la prière, il souligne que le muet symbolise tout chrétien, c'est-à-dire nous tous, incapables que nous sommes de parler à Dieu jusqu'à ce que Jésus enseigne le Notre Père aux Apôtres. Telle est la signification de cette page de l'Evangile de LUC. Il faut remarquer qu'il y eut ici, sans aucun doute, l'intervention du Saint Esprit qui a poussé l'auteur de l'Evangile et la communauté qui l'entourait à organiser de cette manière la succession de ces trois péricopes pour que nous, les chrétiens qui sommes enfermés dans une sorte de MUTISME, comme le malade paralysé par le démon, nous soyons guéris parle Seigneur qui nous apprend à prononcer le nom de PERE. Car la parole de Jésus nous renvoie non seulement à la récitation du Notre Père, mais à cette prière qui est désignée comme INCESSANTE (voir Ephata N° 471). Ecoutons la leçon de cette péricope : sortons de notre mutisme tournons-nous vers le Père qui nous aide à nous libérer du blocage de notre voix. Relisons les dernières lignes de la conclusion du N° 471 d'Ephata.

Claude Bédat

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.