Jésus-Christ mis en Croix de Claude Bédat

I - Le sang du Christ

Il y a encore, très souvent, de fausses interprétations de la mort du Christ : sa crucifixion correspondrait au prix à payer par l'humanité pour satisfaire la colère de Dieu le Père. La crucifixion a un autre sens : pour mieux le comprendre, il faut expliquer ce qui avait lieu dans l'Ancien Testament.

Dans la liturgie du Temple, le Sacré était situé dans ce qu'on appelait le Saint des Saints, c'est-à-dire qu'il y avait dans le Temple un lieu interdit, où seul le Grand Prêtre avait le droit d'entrer, une fois par an, pour se trouver en présence de Dieu dont on croyait qu'il y habitait, et y offrir les sacrifices qui étaient supposés désarmer la colère de Dieu et obtenir de Lui les bénédictions jugées indispensables au bonheur du « peuple élu ».

Or, pour nous chrétiens, les rapports avec Dieu -grâce à l'action de Jésus-Christ- sont des rapports vivants et de réciprocité : quand nous refusons Dieu, nous sommes enfermés dans nos ténèbres ; mais quand nous retrouvons l'état de grâce, nous sommes à nouveau dans l'intimité de Dieu, nous pouvons à nouveau communiquer avec Lui.

Ces transformations s'accomplissent au-dedans de nous, et pas du tout à l'extérieur. La rédemption est le sang de Jésus-Christ, on ne peut comparer avec le sang des victimes (bœufs ou brebis) de l'Ancien Testament ; le sang du Christ représente le don suprême de l'Amour divin qui a attendu patiemment notre conversion. Quand nous nous convertissons, ce n'est pas que le sang de Jésus soit une espèce de tribut offert à Dieu pour compenser notre misère, c'est en fait que le sang du Christ exprime et condense la plénitude d'Amour qui est Dieu, dans sa présence permanente à nos côtés.

Si notre conversion est la transformation de nous-mêmes en Dieu, le véritable sanctuaire du Nouveau Testament, c'est nous-mêmes. C'est d'autant plus vrai que le Temple ancien a été brûlé par les Romains.

Il n'y a pas dans le christianisme de rites extérieurs comme ce qui avait lieu dans le Temple une fois par an, les sacrements ne sont pas extérieurs mais ils sont tous chargés de la présence et de la Vie de Notre Seigneur et ces sacrements ne nous sont accessibles que dans la mesure où notre intimité est enracinée dans celle de Jésus.

Ce n'est donc pas seulement quand nous entrons dans une église, que nous prenons contact avec le Sacré, car le sacré c'est nous-mêmes puisque la grâce transporte en nous la vie divinisée : chacun de nos gestes, tous les mouvements de notre sensibilité, toutes les découvertes (même minimes) de notre intelligence sont marqués du divin grâce à Jésus qui a fait entrer notre vie entière dans la sphère divine.

Le sanctuaire de Dieu, c'est nous-mêmes : nous devons donc porter à nous-mêmes, c'est-à-dire à notre corps, un respect infini, et notre âme devient, chaque jour un peu plus, le Paradis où nous communiquons avec l'intimité de la Trinité divine.

II - Comment se rapprocher de Dieu 

Nous compléterons l'article déjà paru en Ephata en citant les textes fondamentaux relatifs aux trois moments clés de la vie de Jésus ; nous devons les connaître par cœur. C'est les paroles mêmes du Christ, elles doivent être notre nourriture intérieure permanente.

L'Institution de l'Eucharistie en Luc XXII 14 à 20

« Et recevant une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez-la et partagez-la entre vous car je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que vienne le règne de Dieu. Et prenant du pain, il rendit grâces, le rompit, le leur donna et dit : c'est mon corps, qui est donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi.

Et de même pour la coupe, après le dîner, il dit : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous ».

Le lavement des pieds en Jean XIII 4 à 15

« Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m'appelez maître et seigneur, et vous dites bien car je le suis. Alors si moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres, car je vous ai donné l'exemple pour que vous fassiez comme je vous fais ».

La dernière consigne de Jésus en Jean XIII 34-35

« Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés, vous aussi vous aimer les uns les autres. Par là, tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres ».

Ces trois événements fondamentaux du christianisme, à savoir l'institution de l'Eucharistie, le lavement des pieds et le dernier enseignement sont indissociables car ces trois sommets apportent le résumé de l'enseignement du Christ : il est impossible d'aller à Dieu autrement que par le chemin de l'Homme.

 

L'Eucharistie, c'est notre présence par la Communauté, dans la Communauté, pour la Communauté, c'est un appel permanent à l'Universel.

On ne prend pas la communion pour soi tout seul ; on communie toujours avec les autres, pour les autres, pour être le viatique de ceux qui nous entourent mais aussi de tout le Corps mystique dont nous devons affirmer intérieurement que nous en sommes des membres actifs.

 

Conclusion

Saint Jean Chrysostome mort en 407, voit le Christ humilié et souffrant en seigneur de toutes choses : « Je regarde le Christ crucifié et je vois le Roi ».

Nous devons sans cesse garder présent à l'esprit le sacrifice de Jésus sur la Croix : c'est son sang qui nous fait vivre.

Claude Bédat

 

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